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Petit Koldois

Album du 24 mai 2022 de la semaine africaine de l'UNESCO à Paris

Par Petit Koldois 34 min de lecture
L'AFRIQUE ET MOI J'ai dit : Je veux te chanter, Afrique Mais n'ai pas trouvé d'idées Je veux magnifier ton nom Mais l'inspiration ne vient pas   Je veux dire de toi mille choses agréables Comme l'ont fait tes enfants immortalisés par leurs chants Je veux te chanter, Afrique Mais ne sais que dire de toi   Mais toi tu m'as répondu : Misérable Hypocrite Tu es un misérable, un faux Ne parle donc pas de moi   Tu as eu soif de sentiment Et as cherché les filles Maintenant que tu es déçu Tu es revenu vers moi   Cet amour que tu viens m'offrir N'est rien que les débris, les épaves De celles que tu as dépensées Pour elles, enfant prodigue   Fais donc taire ta voix Ta voix rocailleuse et fausse Car j'en ai d'autres pour me chanter   J'ai mon paysage merveilleux Les trésors de mon sous-sol J'ai ma verdure infinie, mon soleil ardent Et la peau bronzée de mes fils, tes frères Pour crier haut mon nom Enfant ingrat que j'ai élevé dans mon sein   Et j'ai dit : Je te chanterai malgré toi, Afrique Je chercherai l'Idée :   Tes fils ramassés dans le passé comme des tas d'ordure Embarqués pour des pays lointains Les souffrances, les misères qu'ils ont endurées   Les lourdes chaînes à leurs pieds attachées D'où ont jailli les trésors des Amériques Leur joie de vivre malgré tout Et leurs chants...   Car ils chantaient, tes fils Ils chantaient dans leurs douleurs Leur amour pour leur Dieu créateur Ils chantaient dans ces champs qui sont leur enfer L'hymne unique de leur cœur libre et fier Libre dans leur corps méprisé, brimé par les Blancs L'hymne exaltant au Dieu des Noirs Et dansaient le calypso   Ils ont rougi les calvaires de leur sang Mais ont apporté un trésor au monde Trésor de la force de leurs bras, De leurs chansons, de leur jazz Qui jamais ne périra   Mais toi tu m'as répondu : Menteur, menteur tu cherches ta voie Pour graver ton nom dans le marbre de l'immortalité Mes fils dont tu parles sont morts Avec leurs souffrances, leurs peines Maintenant la vie t'appartient, à toi Construis-la pour toi et pour tes enfants   Et j'ai dit : Mais je chanterai tes richesses Tes forêts vierges et vertes Ta beauté pure comme le monde à sa naissance   Mais dans ma rêverie profonde Une voix résonne en moi Qui me dit : ne chante pas ma beauté Mais bâtis-moi un présent heureux Et un avenir radieux   Rêve de me voir un jour Toucher le ciel de mon front Rêve de m'enrichir de ta poésie Qui ennoblira la page du présent tournée dans le futur par les fils de tes fils   Regroupe autour de toi mes fils Pour que tous unis désormais Vous unissiez vos efforts Pour bâtir mon bonheur. Un poème de Victor M.HOUNTONDJI EXTRAIT DE SON LIVRE " Couleur de rêves publié aux éditions "Pensée universelle " en France en 1977
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